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Les 7 Péchés Capitaux Des Jeunes Entrepreneurs Africains: Comment Se Repentir?

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Il semblerait qu'en Afrique on soit predisposé à entreprendre. En RD Congo, on dit même qu' "on est tous entrepreneurs par nature". En effet, les défaillances de nos gouvernements ne nous ont pas laissé d'autres choix que de prendre nos destins en mains et de créer nos propre sources de revenus quoique informelles pour la majorité. Partant de ce postulat, on pourrait s'attendre à ce que les entrepreneurs Africains de manière générale et congolais en particulier soient compétitifs et aient le plus de succès et  d'impact social. Mais vous et nous savons que ce n'est pas le cas sur terrain.  Pourquoi observons-nous tant d’échecs ?

 Quels sont les principales faiblesses mieux, quelles sont les péchés des jeunes entrepreneurs Africains qui les empêchent d'accéder au paradis du succès et de l'impact social? 

De notre point de vue, nous en avons identifié 7.

#1. L’ AMOUR DU TITRE (l'orgeuil)

Etre entrepreneur ça sonne bien. Beaucoup de jeunes africains affrontent la dure réalité du chômage, l’entrepreunariat peut donc constituer une opportunité. Mais très vite, l’entrepreneuriat devient un refuge pour ceux qui n’ont pas su s’insérer correctement sur le marché de l’emploi. Dire qu'on est  « CEO » (Chief Executive Officer), ou encore "Founder" de x ou y, sonne mieux que « demandeur d’emploi ». En effet, on aime se donner de l'importance alors que la triste réalité et qu'on a juste une vague idée et on ne fournit aucun effort pour la concrétiser. C'est ainsi que nous rencontrons beaucoup des soit disant « porteur de projet », "CEO", "Président", "Founder" de x ou y initiative lors des conférences ou autres rendez vous sur l'entrepreneuriat mais en réalité tout ce monde ne s'investit pas sur le projet qu'il prétend porter. Aussi tôt qu'un job se présente à lui, il est prêt à se contenter à devenir salarié.  

Malheureusement ce sont les mêmes personnes qui justifient leurs échecs par le manque de financement.  Ce qui nous amène au second péché.  

#2 L’ OBSESSION DU FINANCEMENT (L'avarice)

 Certes, l'accès au financement est identifié comme deuxième frein au développement de l'entrepreneuriat sur le continent (selon une étude de la Banque Mondiale de 2016). Nous savons également  que l’une des préoccupations majeures de beaucoup de jeunes porteurs de projets est le manque de financements et c’est tout à fait légitime. Comment développer un projet ou une entreprise  si on n’a pas un sou? Nous sommes de l'école de ceux qui affirme que: « c’est le projet ou l'entreprise qui fait l’argent, ce n’est pas l’argent qui fait le projet, encore moins l'entreprise ». Avant de penser à l’argent, essayez de savoir si votre projet tient la route.  

Le constat est que beaucoup d'entrepreneurs africains, et surtout congolais, se contentent des concepts mais ne vont pas jusqu'au bout des choses avec leurs projets. Ainsi, on a evitablement des projets bâclés et non banquables. Asseyez-vous, mettez votre projet sur papier, étudiez les tenant et les aboutissant : business model, marché, principaux concurrents, organisation, structure de coûts, outils de conquête de votre clientèles etc…ce n’est qu’à la fin, lorsque vous savez exactement dans quel « bourbier » vous mettez les pieds et que vous aurez bien ficelé les choses, que vous pourrez:

  1.  1.Evaluer vos ressources et vos réels besoins de financement
  2.  2.Développer vos propres moyens d’action
  3.   3. Mettre en place des stratégies de financement.

 Un investisseur mettra de l’argent dans votre projet que s’il voit que vous vous êtes déjà investit considérablement sans un sou. De même, un banquier ne vous prêtera que si vous mettez un apport initial en fonds propres et que vous lui présentez des bilans et des garanties solides. En gros, faites tout pour démarrer « petit » mais ayez une vision large pour le futur de votre activité.  Le financement n’est pas un frein insurmontable, il faut montrer que vous pouvez faire de grandes choses avec peu de moyens, cela vous donnera encore plus confiance en vous et vous rendra encore plus crédible auprès de futurs bailleurs de fonds. Tout est question de méthodologie. 

 #3 MANQUE DE PLANIFICATION , MANQUE DE METHODE ET DE DISCIPLINE (La paresse)

Pour que les activités roulent rondement, un entrepreneur doit élaborer un plan d’action qui indiquera toutes les étapes à franchir pour atteindre son but. « Suivez le déroulement de vos activités pour voir si vous respectez ce plan ».Prenez aussi soin d’y préciser qui fait quoi. Beaucoup abandonnent par frustration, car ils n’ont pas immédiatement le résultat attendu, or l’entreprenariat est non seulement question de planification (on réalise le projet en passant palier par palier) mais également un long travail de développement personnel et d’auto-discipline.

  1. 1. Discipline financière/budgétaire : éviter les dépenses somptuaires, payer des bureaux hors de prix  pour impressionner alors qu’on vient tout juste de démarrer, organiser des évènements hors de prix, des déplacements onéreux réguliers qui n’apportent rien à l’évolution de l’entreprise, payer (ou se payer) d’énormes salaires sans résultats….
  2. 2.La discipline morale : ne faites pas les girouettes, adaptez-vous mais ne changez pas de modèle tous les quatre matins, restez fidèles à vos valeurs et celles véhiculées par votre entreprise, le client s’en rendra compte.
  3. 3.La discipline professionnelle : vous vous êtes laissé 72H pour rédiger un document, faites-le en 72H, évitez la procrastination. Plus vous procrastinez plus vous vous éloignez de la réalisation de vos objectifs donc de la réussite. Vous devez être la personne qui se donne ses propres coups de fouet pour avancer. 

Ainsi, il faut se connaître et connaître se limites afin de pouvoir y remédier.

#4. OMETTRE DE PALLIER À SES FAIBLESSES ET LE MANQUE DE PARTAGE D'EXPÉRIENCE (La gourmandise)

« Personne ne naît entrepreneur, On le devient. » Pour vous lancer en affaires, vous devez donc développer vos compétences entreprenariales ( connaissance du produit, la gestion, la négociation, l’organisation et la planification, la vente, leadership, connaissances techniques,etc).

Pour y arriver, vous avez le choix entre être continuellement entrain de se former par ses lectures, des activitrés de renforcement de capacité: formations, séminaires, etc ou vous pouvez aussi compenser vos faiblesses en vous entourant bien et en demandant conseil. 

En RDC, « tout le monde sait tout et a un avis sur tous les sujets même les plus pointus ».  Avoir une idée vague sur un sujet ne fait pas de nous des experts et cette auto persuasion est très dangereuse lorsqu’on veut faire évoluer son entreprise. On a ainsi des pseudo managers champions du micro management, avec un œil, un avis et des décisions sur tout.

Plus ton entreprise grandit, plus ton entreprise doit te survivre. Même dans l'éventualité où on "sait tout" effectivement, rares sont ceux qui délèguent et partagent leur expérience. Déléguer et mettre en place des stratégies d’autonomisation et de responsabilisation de son équipe est essentielle.Donner confiance à ses collaborateurs, les fait gagner en efficacité et ils seront des acteurs clés du développement de l' entreprise. En externe, faire appel de temps à autres à des consultants ou expertises ponctuelles ne fait pas de mal à son entreprise. Une entreprise a besoin d’absorber des idées, de la créativité et des approches différentes afin d’innover et de rester compétitive. Aujourd’hui, dans certaines entreprises, « l’expert » devra venir de la même famille, du même village ou de la même tribu. Beaucoup d’entreprises congolaises ont disparues ou se sont retrouvées en grandes difficultés parce qu’elles ont refusé de suivre ce principe.  On observe également des patrons qui refusent de déléguer ou de partager leur expérience (même aux membres de leur famille), et lorsqu’ils disparaissent, leurs entreprises meurent avec eux.

Cette manière de faire doit être abandonnée. La nouvelle génération d'entrepreneurs africains doit éviter de copier les mauvaises pratiques des générations précédentes.

 #5  LE MIMETISME ET L’EFFET DE MODE (L'envie)

Quelles sont les raisons qui poussent certains à se lancer ? « Il a fait, ce n’est rien, moi aussi je peux faire ». Certaines personnes se lancent mais ne savent même pas pourquoi elles se lancent. Il ou elle a créé sa marque, çà marche bien pour elle, « je vais faire la même chose ». Il y a de la place pour tout le monde et à partir du moment ou nous vivons dans une économie de marché chacun peut se lancer dans le domaine qu’il souhaite, et cette personne n’a pas à demander la permission. Tes motivations ne seront pas les mêmes, tes objectifs ne seront pas les mêmes et les valeurs que tu veux que ta marque incarne ne seront pas les mêmes que ceux d'un autre.

Chacun a son histoire. Chacun se lance parce qu'il a fait un constat dans la société et ce constat est également une opportunité pour lui.

Nous constatons beaucoup des « copier/coller ». Mais malheureusement, il s'ensuit également beaucoup d'échecs car la vraie motivation du porteur de projet n’était pas de développer une structure pérenne mais 1) de faire du mal à quelqu’un (empêcher la réussite d’une personne jalousée) ou 2) de devenir « célèbre »  C’est comme l’exemple « fictif »(Que mentionne Christian Guan) d’un entrepreneur qui va engloutir une fortune pour monter un bâtiment de 5 étages, sans parking, avec son nom gravé en gros dessus mais depuis 5 ans personne ne veut louer… Il a atteint son objectif : « tout le monde connaît mon nom »…mais quelle est la finalité ? Constituer un actif pour s’endetter et refaire la même chose encore et encore ? C’est le paradoxe de certains promoteurs africains.

Bien plus, aujourd’hui, Sur fond de marketing digital nombreux sont les jeunes qui n’hésitent plus à s’inventer une vie, une réputation, des photos…alors que la réalité est désolante. Chacun a le pouvoir de développer quelque chose de grand, peu importe son domaine d’activité. Le tout est de rester VRAI et AUTHENTINQUE.

Avant de copier ce qui se fait en Europe ou ailleurs dans le monde, faut se rassurer que le concept peut également marcher dans nos milieux et sur nos marchés locaux. Ce qui amène au péché suivant. 

#6 NE PAS TESTER SES IDÉES ET CONCEPTS

Beaucoup d’entrepreneurs sont en amour avec le nouveau produit ou service qu’ils veulent offrir, ou qu'ils ont vu marcher ailleurs. Ils ont l’impression qu’il s’agit du dernier gadget de l’heure sur lequel tout le monde va se ruer. « Mais dans les faits, il est important d’assurer que votre idée tient la route.  Ce qui implique de faire une étude de marché pour voir si le produit répond vraiment à un besoin. » Vérifiez non seulement qu’il y a une demande à l’heure actuelle, mais aussi une demande à plus long terme.

Cette démarche peut se faire de plusieurs manière: l'approche Produit Minimum viable, questionnaire et enquêtes, etc. 

Le tout c'est de tester et de se rassurer qu'il y'a une véritable opportunité. Cela permet également de mesurer les risques. chose que beaucoup des porteurs de projets congolais négligent.

#7. IGNORER LES RISQUES (La luxure)

Beaucoup d’entrepreneurs ne voient pas les risques et, par conséquent, ne les réduisent pas. Par exemple, assurez-vous d’avoir un fournisseur de rechange pour remplacer votre fournisseur actuel si celui-ci venait à fermer les portes. pour ce qui est de mesurer les risques nous vous invitons à relire notre article précédent sur la question. 

Voici, selon nous, les 7 péchés capitaux des jeunes entrepreneurs Africains et surtout congolais.  Il est grand tant de faire repentance et de faire les affaires autrement.



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"Bien dit!"

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Lionel 1 mois,

"comment integre le groupe de t"

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kalombo 1 mois, 3 semaines,

"C'est une première en Rdc et f"

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andy 3 mois, 1 semaine,

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