G GRAND FORMAT

L'Industrie Du Jeu Video En Rdc : Secteur D'Avenir?

, GRAND FORMAT

Loin d'être un simple divertissement, le jeu vidéo est une industrie  qui va de mieux en mieux en terme de rentabilité (marché de 70 milliards de dollars) que de reconnaissance.  La culture vidéo ludique fait maintenant partie de celle populaire.

Pourtant, l’Afrique ne représente qu’une petite fraction de cette industrie mais avec un potentiel énorme sachant que 400 Millions d’Africains jouent à partir de leur téléphone mobile.

Certes, l’Afrique n’est pas un continent qui vient spontanément à l’esprit quand on parle de jeu vidéo, la RDC encore moins. Pourtant, comme dans beaucoup d’autres domaines, les choses évoluent rapidement et un embryon d’industrie vidéo ludique est en train de voir le jour. Avec une classe moyenne en pleine expansion et une population jeune en train de s’équiper massivement en Smartphones, le potentiel est énorme même si des écueils subsistent.

  1. ETAT DES LIEUX SUR LE CONTINENT

afro

Même s’il est difficile de généraliser et de couvrir l’ensemble d’un continent si vaste et si divers, il apparait que:

C’est sûrement en Afrique du Nord que les structures sont les plus établies, en partie grâce à la sous-traitance qui s’est développée du fait de la proximité avec l’Europe et qui procure des revenus réguliers. Avec Ubisoft de Casablanca ; Ezelia, ainsi que l’opérateur téléphonique Inwi qui réalise des jeux mobile grand public.

 La Tunisie semble également très dynamique à ce niveau là, avec des studios indépendants comme DigitalMania (plus d’information), SaphirProd, Prolancers Games ou K’Art Studio ou des encore Stolen Pad Studio ou Nuked Cockroach Studios. Le pays peut également compter sur sa propre association de développeurs de jeu vidéo

Au sud du continent, on trouve sans surprise de nombreux studios indépendants en Afrique du Sud, qui souvent réalisent des jeux dans un style résolument occidental, comme Celestial Games, Free Lives (créateur du superbe Broforce) ou Tasty Poison.

Déjà en pointe sur le continent grâce aux films de Nollywood, le Nigéria confirme la puissance des ses industries créatives avec des sociétés comme Maliyo, Gamsole ou Chopup qui proposent des jeux souvent basés sur la culture africaine. Gameloft, souvent précurseur dans ses implantations géographiques, vient d’ailleurs d’ouvrir une filiale dans le pays, ce qui confirme l’importance du Nigéria en matière technologique dans la région même si la fonction de ce nouveau bureau semble se limiter à de la distribution pour l’instant.

On trouve également des studios de jeux vidéo en Ouganda (Kola Studios, plutôt casual), au Ghana (Leti Arts, qui fait du cross média jeu vidéo et BD) et au Kenya, dans ce qu’on appelle la « Silicon Savannah » (Momentum Core et Black Division Games).

Encore plus intéressant pour nous locuteurs de la langue de Molière, on commence à voir des studios éclore en Afrique francophone, comme Kiro’o Games au Cameroun, une société d’une vingtaine de personnes qui prépare Aurion, un RPG à l’univers africain ! Le projet s’annonce comme l’un des plus ambitieux jamais réalisé en Afrique de l’Ouest et a été bien relayé par les médias internationaux après des campagnes Indiegogo et Kickstarter bouclées avec succès. Gameroon est un autre studio présent au Cameroun, tout comme Noohkema Game Studios, encore en phase de décollage.

aurion






  1. OU EN EST LA RDC?

De prime abord, on peut penser que la question ne se pose pas. Pourtant, quoique encore embryonnaire, le jeu vidéo made in RDC existe et tente de se frayer un chemin.

Pour la petite histoire, déjà en 2006  des fans de jeux PC de Kinshasa,  entreprennent de s’organiser pour créer leur propre Jeu vidéo.  Ils créent Les studios DIGITS, acronyme de Digital Technology Solutions, qui sera à l'origine de la compilation d’UNITE ZAMBA, le premier jeu vidéo de l’histoire congolaise (selon les termes de Trésor Kalonji).  La version Alpha Beta est diffusée sur Internet dès avril 2007. Unité Zamba a été téléchargé 11.000 fois, avant la fermeture du serveur sur lequel il était hébergé par le FBI : MegaUpload. Un coup dur, pour l’équipe, étant donné queles fichiers sources du jeu sont  à jamais perdu de suite d'un virus informatique.

En 2012, le même studio crée AFROPOL : African Police Force.  La version Beta du Jeu est présentée au grand public à l’occasion de la Semaine de la science et de la technologie, à l’Institut de la Gombe de Kinshasa en 2014. C’est le premier jeu vidéo là une fois encore conçu avec une approche pédagogique, faisant d’Afropol le premier Serious Game congolais.

Une industrie encore timide

Werra montre ses biceps

Depuis le lancement d’Unité Zamba en 2007, plusieurs autres développeurs indépendants se sont lancés dans le développement malgré l’absence de filière spécialisée encore moins de législation appropriée. Un développeur indépendant nommé Ngonda Jean Paul lance en 2009 Werrason Vs Kuluna. Le jeu développé illustre Werrason, musicien congolais qui se bat contre des bandes de voyous jaloux de son succès et qui perturbent ses prestations. Il lancera ensuite deux autres titres dont TP Mazembe Super fan sur mobile. Il a récemment mise en ligne Kusakana, un logiciel de création de jeux vidéo 100% congolais.

ChaCha 243

Une start-up Overlook lance le jeu ChaCha qui retrace l’histoire de la République démocratique du Congo depuis son accession à l’indépendance jusqu’en 2014.  Le jeu a été présenté au cours du Google Developer’s Group de Kinshasa en 2014 et est disponible sur Google Play.

Chacha


Memo Scoutingo 

Jacques Abedi crée des jeux de plateau éducatifs. Installé en Belgique depuis des années et lauréat de prix européens de ludoéducation. En 2015 il rentre au Congo pour créer Memo Scoutingo, un jeu basé sur le scoutisme.

Le jeu sera adopté par la Fédération des Scouts de la RDC qui, présentera le jeu à la 23è rencontre internationale Jamborée tenue au japon la même année. L’intérêt affiché pour le jeu a été le tournant qui l’a fait basculer dans les jeux vidéo avec la conception de la version numérique de Memo Scoutingo dont la sortie est prévue en janvier 2017.

scoutingo


Le Syndicat 

En Juillet 2016, les Studios DIGITS s’unissent à Jacques Abedi et créent le Syndicat Congolais du jeu vidéo et de l’Image Animée. Le but du Syndicat étant de faire un plaidoyer pour la création d’un écosystème favorable à l’expansion des jeux vidéo au niveau de la formation, du développement et de l’exploitation commerciale.

Le nombre croissant de salles de jeux échappant pour la plupart au fisc à cause de taxations excessives ainsi que les difficultés énergétiques figurent parmi les objectifs assigné par le Syndicat qui espère stimuler la création de start-up spécialisées dans les jeux en nombre important pour ouvrir de nouvelles perspectives, dans la formation professionnelle et le divertissement s’inspirant de contenus locaux.

Une Académie

Le Projet d’Académie du jeu vidéo est un des programmes phares de cette structure qui se donne pour défi de faire des jeux vidéo la première industrie culturelle de la RDC, une place que la musique occupe en maitre depuis plusieurs décennies. Trésor Dieudonné Kalonji, vice-Président, compte atteindre cet objectif à l’horizon 2020.

Coté vente et Distribution

L'industrie du jeu vidéo ne se limite pas qu'à la conception, il y'a également l'aspect distribution et vente. Ainsi, pour en apprendre plus sur la vente et la distribution du jeu vidéo en RDC, nous avons suivi ARIEL KADISHA, connu sous le nom de ARY ROC, à Lubumbashi. Il œuvre dans le secteur depuis quelques années, non pas comme concepteur mais plutôt comme distributeur.

En effet, depuis plusieurs années maintenant, ARIEL KADISHA, Marié de son état et  Diplômé en ingénierie Civil( électromécanique) de l'Université de Lubumbashi, s'est lancé dans la distribution des jeux vidéos et des Mangas. Il est fondateur de ARY ROC STUDIOS.

Son entreprise, lancé officiellement depuis 2012, a commencé dans le garage du domicile familial et dispose à ses jours des locaux assez spacieux pour prétendre acquérir des licences officielles de grandes maisons d'éditions.

JULISHA:   Ary Roc Studio  est aujourd'hui l'une des grandes références, si pas la référence, dans un secteur assez peu évident dans un pays comme le notre, à savoir le  jeu vidéo et la mangatech.  Qu'avez vous fait pour réussir là où beaucoup ont échoués et /ou n'ont pas sus se développer?

ARY ROC:  Comment on le dit Souvent : « il faut travailler dans un domaine que l'on aime ». C’est ce que j ai toujours fait. En effet si mes études se sont plus intéressés à la science et la technique j ai toujours été passionné par les jeux vidéos et la jap animations (manga) et ce depuis qu' étant petit mon père m’a abonné à une vidéothèque « le chevalier » à l'époque. Et donc le point de départ de ma boîte a d'abord été un désir puissant de partager ma passion et je pense que c’est sa qui a caractérisé le succès de ma boite. (...)  Le succès est surtout du à l originalité de la chose à l'époque. En effet notre pays venait de connaître son premier bon en informatique et le secteur de jeux vidéo été totalement vierge en passant je peux dire que je suis un pionnier dans les jeux vidéo à Lubumbashi. Les facteurs clés ont été l'originalité du produit la qualité du service rendu et  la grâce Divine.

JULISHA: Comment jugez vous le marché Lushois, si pas congolais, en terme de consommation de jeu video, E-sport et des outils connectés?

ARY ROC:  Nous avons beaucoup évolué depuis l'époque et je peux vous rassurer à la vue de la seule consommation du FIFA 18   que le marché lushois a énormément grandi et je dirai même plus ils s'est affermis avec l arrivé de la 3G, Qui a profondément attiré les jeunes comme les vieux avec des jeux online comme clash of clans. les Smartphones sont devenus les nouvelles stations des jeux ou grands est petits consomment la 'GAMEATitude' .  Ils est devenu incontournable d'avoir un smartphone et chacun possède son petit jeux déstressant dans un coin de son phone. Donc on peut maintenant vraiment parler d'un marcher Lushois du jeu video.

JULISHA: Quelles sont  vos perspectives d'avenir? Comment voyez vous votre entreprise dans les prochaines années?

ARY ROC: Les perspectives d'avenir sont énormes, mais dans le concret des approches vers des grossistes en vente des jeux vidéos ont été effectué,  et nous espérons bientôt obtenir des licences des grandes maisons de jeux et Manga tels que SONY (pour les jeux) ou encore Dybex (pour les mangas). Mais l'avenir c'est aussi se diversifier et aussi créer, voila pourquoi ARY ROC STUDIO s'est transformé en ARY ROC ANSWER Sarl, par ce que la jeunesse, non, toute la population je peux dire, lushoise est passée à la version 2.0, et Nous nous fixons comme objectif d'apporter des réponses à tous les problèmes informatiques et Hi-Tech.

       Pour conclure, disons que le jeu vidéo est une industrie de près de 100 Milliards de dollars et 27% de ces revenus proviennent des jeux sur téléphone mobile.  cette industrie offre des possibilités d’emploi et de métiers divers (Scénariste, Game designer, Programmeur, Pro-gamer, etc.). Des spécialités encore peu connues vers lesquelles la jeunesse africaine, et congolaise , en particulier, peut se tourner.

            Un secteur dans lequel tout reste à faire en RDC mais les audacieux se sont déjà lancés.

Commentaires

Laisser un commentaire

Se connécter pour commenter

Commentaires Récent

"Bien dit!"

comment
Lionel 1 mois,

"comment integre le groupe de t"

comment
kalombo 1 mois, 3 semaines,

"C'est une première en Rdc et f"

comment
andy 3 mois, 1 semaine,

Search