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Pinshasa! Et Ses Pin's : Un Outil Marketing Pour Toutes Les Bourses

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De plus en plus présent lors de certains  événements organisés à Kinshasa (Avant première dans les salles de cinéma, fêtes d'anniversaire, vernissages, levées des fonds, etc.);  le "Pin's" est devenu un outil marketing dont on ne peut se passer quand on veut communiquer à Kinshasa avec un budget réduit.

A l'origine de cette démocratisation du marketing:  Pinshasa! Une entreprise basée à Kinshasa qui   fabrique des pin’s personnalisés, à porter, offrir, distribuer ou vendre. 

Laetitia Massa, cofondatrice de Pinshasa, nous revèle qu'ils ont décidé de se lancer dans la fabrication des Pin's, "parce que discret mais remarquable, puissant mais économique, il est l’accessoire marketing par excellence pour diffuser son logo, sa marque, une cause à laquelle on tient, un parti politique, célébrer un événement ou pour porter le souvenir d’un être cher".

Afin de savoir plus sur les personnes derrière ce service et sur cette startup, julisha est allé à la rencontre de Laetitia Massa, cofondatrice et CEO de Pinshasa.

Massa

Julisha:  Pouvez-vous nous parler brièvement de vous ?de votre parcours et des principales étapes de votre vie qui vous ont conduit à devenir entrepreneur.

Laetitia Massa: Je m’appelle Laetitia Massa, co-fondatrice de Pinshasa! Je suis née et j' ai grandi en Belgique, où j’ai étudié le Droit. Je suis devenue avocate à Bruxelles il y a 10 ans, puis j'ai décidé qu’il me manquait quelque chose : le super-pouvoir de vendre.  J’ai alors quitté le barreau et me suis mise en quête d’apprendre le marketing, en l’étudiant et le pratiquant en même temps, via ma première startup, il y a 7 ans.Entrepreneur, c’est quelque chose que j’ai toujours fait sans tant y réfléchir : mes parents étaient indépendants, donc je n’ai jamais eu d’exemple, en grandissant, de ce qu’était le salariat.  Cela ne m’a donc jamais attiré.  Par contre, s’il faut remonter à ma première expérience entrepreneuriale, je crois que j’avais 13 ans. J’étais dans une classe d’intellos stressées de rater l’interro de latin.  J’y ai vu une opportunité de leur vendre régulièrement mes listes de vocabulaires, dont la structure facilitait la mémorisation (mon outil de production était une imprimante semi-pro de ma maman à l’époque).

Julisha: Quel a été le déclencheur de votre saut dans l'aventure Pinshasa ?quelles sont les raisons qui vous ont poussées à lancer Pinshasa ?

L.M: Durant quelques mois, j’ai aidé une nouvelle école dans son lancement ici à Kinshasa, et j’ai été frappée des prix de n’importe quel support marketing, qui empêchaient de faire efficacement du marketing avec un budget raisonnable.  J’en ai déduit que les petites et moyennes entreprises doivent soit se ruiner pour faire du marketing (acheter des bâches, des t-shirts, payer un passage à la télé ou dans les journaux), soit ne pas faire de marketing du tout, ce qui les condamnent à vivoter, voire mourir.  Or, le ciment d’une nation, c’est justement sa myriade d’entreprises !

Même si les réseaux sociaux permettent de faire du marketing avec un budget plus raisonnable, ils ne permettent pas de toucher le Congolais lambda, qui n’est pas nécessairement sur le net.Nous avons donc décidé d’offrir le meilleur des deux mondes : une solution marketing efficace et adaptable à n’importe quel budget, en dehors d’internet.  Pinshasa!, avec ses pin’s dont le prix varie entre 1$ et 3,50$ selon la taille et la quantité, est le premier produit de notre gamme.

Julisha: Quelles sont les principales difficultés   que vous rencontrez  au quotidien?le climat des affaires en RDC, a-t-il été favorable ou défavorable à votre business ?Avez-vous eu des peurs qui, à un moment donné, vous ont bloqué ou vous ont donné  envie d’arrêter??

L.M :La vie en RDC, en général, à titre privé comme professionnel, est rendue plus difficile en raison du manque d’infrastructures fiables et des longues distances.  Cela ne facilite pas le business, bien entendu, mais nous l’avons pris comme une donnée à laquelle nous adapter et adapter notre chaîne de production de valeur.

Pour le reste, c’est assez difficile à dire car beaucoup d’aspects que les gens nous ont décrits comme problématiques avant qu’on ne se lancent à Kinshasa, se sont révélés plus faciles ici qu’en Belgique (où j’ai aussi créé une société et plusieurs startups - et où le racisme est la première forme de corruption rencontrée).

A ce stade-ci, nous avons pris le parti de faire les choses dans les règles (parce qu’il y en a !) et de dire « non » à toute demande de « matabisi » de l’administration, mais surtout de faire beaucoup de choses par nous-même d’abord, afin de nous rendre compte des réalités et développer nos stratégies en conséquence.  S’il faut vraiment citer un élément important qui fait défaut dans ce contexte, c’est l’information fiable, exacte, et son accessibilité.

Par contre les plus grandes difficultés que nous avons rencontrées sont curieusement avec les plus grandes entreprises privées de RDC, en particulier les banques et les télécoms, qui ne semblent pas saisir l’opportunité de se rendre accessibles (sauf exception), en tant que plate-forme de paiement notamment, aux entreprises naissantes ; elles semblent préférer les grandes entreprises (qui génèrent déjà des millions de  chiffre d’affaires), et lorsqu’elles acceptent de travailler à l’intégration de nos systèmes, elles montrent soit peu de fiabilité en terme de service, soit une expérience utilisateur désagréable, que nous préférons éviter à nos clients.Ma réaction ? Le contournement : on a toujours un plan B dans la poche, donc l’envie d’arrêter ne m’a pas encore effleuré l’esprit.  La peur non plus.  Tant que ça ne nous empêche pas de fournir nos clients, rien ne nous abat.

Julisha: Parlez-nous de votre service (A qui adressez-vous ce produit ?Depuis combien de temps l’avez-vous lancé ? Aviez-vous procédé  à une étude de marché  afin de savoir si ça marcherait ? Quelle est la taille actuelle de votre marché)?et de l'équipe derrière.

L.M: Chez Pinshasa, nous fabriquons des pin’s personnalisés, à porter,à offrir, à distribuer ou à vendre.Max et Massa

Le pin’s lui, parce que discret mais remarquable, puissant mais économique, est l’accessoire marketing par excellence pour diffuser son logo, sa marque, une cause à laquelle on tient, un parti politique, célébrer un événement ou pour porter le souvenir d’un être cher.

Nous nous adressons donc tant aux entreprises (pour leur marque, leur personnel, leurs clients/partenaires et leurs événements), qu’aux ONG et partis politiques, et aux particuliers lors de leurs événements.

Je suis partisane de l’étude de marché en temps réelle, en réduisant les investissements de départ et en lançant ce qu’on appelle communément un MVP (Minimum Viable Product).  C’est donc ce que nous avons fait : depuis février 2018, nous avons lancé Pinshasa via Facebook (et peu après Instagram) https://web.facebook.com/pinshasa/, afin de vérifier l’intérêt et ajuster éventuellement le tir.Et l’essai s’est révélé concluant, même au-delà de nos attentes : la rapidité avec laquelle les gens (particuliers, ONG et entreprises) ont commencé à commander nos pin’s nous a agréablement surpris, d’autant que nous ne sommes même pas un e-commerce mais un m-commerce (nous avons une application web mobile http://www.pinshasa.com/ mais les commandes sont actuellement traitées via WhatsApp principalement ) ! 

La taille de notre marché en RDC est difficile à évaluer vu le peu de données disponibles, donc nous n’abordons pas cet aspect en ces termes, mais plutôt en termes de différentes circonstances dans lesquelles le pin’s offre une solution à nos clients, tant à titre privé (nous sommes sollicités pour les anniversaires, mariages, matangas, baby showers,…) qu’à titre professionnel (événements, réunions, récompenses, cadeaux d’entreprise, levées de fonds des ONG et startups, badges « nametag » nominatifs du personnel,…).  Le marché est donc très vaste.Notre approche est de nous concentrer sur le nombre de clients que nous sommes en mesure de servir tout en garantissant une qualité supérieure de service, notre équipe n’étant constituée que de 4 personnes, dont les 2 co-fondateurs : Mamie, Lionel, Maxime et moi (Laetitia).  Heureusement, grâce à la technologie nous parvenons à servir nos clients avec efficacité et à décupler nos capacités malgré la petite taille de notre équipe.

Julisha :Quelles sont vos attentes, ambitions et perspectives d’avenir?

LM :Maintenant que notre « étude de marché » en live s’est révélée concluante, nous avons l’ambition d’asseoir notre présence en tant que fournisseur de solutions marketing de qualité avec un curseur budgétaire, et développer nos prochaines solutions marketing dans cette optique, tant pour les toutes petites que pour les plus grandes entreprises.



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"comment integre le groupe de t"

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"C'est une première en Rdc et f"

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